Programme de réinsertion

Le programme de réinsertion de la FEJ s’adresse à des femmes et à des jeunes qui nous ont été confiés et qui vivaient dans des conditions de précarité et de pauvreté extrême avant et après le séisme : nous les avons intégrées dans le programme de réinsertion qui était en cours à Lamardelle depuis 2007. Avec l’aide de notre personnel et des volontaires, ils se sortiront de cette pauvreté pour atteindre l’autosuffisance financière. En plus du programme de prêt, ils bénéficieront d’éducation, de formation, d’aide psychologique et sociale pour se remettre des suites du séisme et réintégrer harmonieusement leur communauté.

1) Programme de micro-finance de la FEJ

La FEJ aide les femmes à lancer une micro-entreprise par le biais de séminaires sur la gestion de la vie quotidienne et d’une entreprise; elle leur fournit un capital de départ sous forme de subvention et non de prêt : en effet il s’agit de femmes extrêmement pauvres qui vivent avec moins de 1$/jour et qui n’ont pas accès au micro-crédit. Nous ciblons particulièrement les femmes; une fois qu’elles ont lancé leur entreprise, la majorité des femmes des régions rurales arrivent à mieux nourrir leurs familles et à leur offrir éducation et soins de santé. Nombre d’entre elles peuvent alors emprunter auprès d’une des institutions de micro-crédit qui existent en Haïti.
Pour pouvoir participer au programmes, les candidates doivent suivre des séminaires sur :

  • les valeurs familiales et communautaires
  • l’égalité homme/femme
  • le développement de la région avec la participation de la communauté
  • le respect de l’environnement
  • le contrôle des naissances
  • les droits de la femme
  • le planning familial
  • l’hygiène familiale
  • une alimentation équilibrée basée sur les ressources locales
  • l’éveil d’une prise de conscience

Comment procédons-nous ?

La FEJ repère les entrepreneurs potentiels avec l’aide des organisations locales qui sont actives dans les régions où nous travaillons.
Nous collaborons ensuite avec nos partenaires locaux pour les former à la gestion d’une entreprise et leur offrir un capital de départ de 150 USD. Nous les aidons également à se joindre à des groupes d’épargne et de prêts. Nous faisons ainsi en sorte que le capital de départ soit utilisé judicieusement tout en aidant les femmes à prendre conscience de leur potentiel et de leur compétence dans la gestion de leur propre micro-entreprise et en renforçant leur autonomie.

Nous les aidons à élaborer un business plan réaliste en tenant compte des questions auxquelles tout business plan doit répondre :

- quel produit ou service ?
- y a-t-il une demande ?
- quels sont les coûts et les bénéfices prévisibles ?

Ils travaillent ensuite avec nos partenaires qui les aident à étoffer le plan tout en leur offrant la formation pratique correspondant à leur choix d’entreprise.
La majorité des candidates sont analphabètes, et nous en tenons compte dans la formation; dans certains cas, par exemple, les notions de marketing et de gestion des affaires sont concrétisées sous forme d’images.

Après l’élaboration du business plan et la formation, nous libérons la première moitié de la subvention pour couvrir les coûts de lancement comme l’achat des marchandises qui seront revendues sur le marché du village, d’une glacière pour monter une échoppe de vente de boissons fraiches ….
Nous leurs apprenons aussi à équilibrer les comptes et à réinvestir leurs bénéfices, bref à mener à bien leur entreprise

Evaluer l’entreprise pour garantir son succès

Après 3 mois d ‘activité nous évaluons l’entreprise, sa croissance, ses chances de succès, la qualité de la gestion. Pour ce faire, nos moniteurs locaux se rendent fréquemment sur le terrain et organisent des groupes d’entraide qui se réunissent tous les mois : ils rencontrent fréquemment les femmes-entrepreneurs et celles-ci échangent leurs expériences. Nos organisations partenaires nous envoient aussi régulièrement des rapports sur chaque participant. Tout cela nous permet de vérifier si l’entreprise prospère et si c’est le cas, nous libérons la seconde moitié du capital.

Elles peuvent alors développer leur entreprise. Par exemple, l’une d’entre elles a pu acheter une deuxième machine à coudre pour que sa grand-mère puisse l’aider. En tout état de cause, l’expérience acquise pendant les 3 premiers mois leur permet de choisir les investissements les plus judicieux.

Un point essentiel du programme est la mise sur pied de groupes d’épargne et de prêts pour encourager les femmes-entrepreneurs à économiser pour l’avenir. Cela leur permet d’avoir de quoi faire face à des urgences médicales, aux frais d’un mariage, à acheter une maison plus sûre et plus décente, à développer leur entreprise… Bref, le résultat est que des familles qui vivaient au jour le jour sont mieux préparées pour les imprévus. Nourriture, maisons, confiance en soi : c’est cela la microfinance en action.

Nous continuons à encadrer les participantes pour leur assurer un support dans la gestion de leur entreprise, en les dirigeant par exemple vers d’autres sources de capitalisation comme le micro-crédit. La FEJ les aide à faire le premier pas hors de la misère et incarne leur première étape sur le chemin de la microfinance.

2) Le programme de couture et artisanat

La FEJ offre également aux femmes et aux jeunes des formations professionnelles en couture, broderie, et artisanat. Elle dispense 4 cours de deux heures par jour, six jours par semaine à deux groupes d’apprentis.
Le bénéfice à court terme est de leur permettre d’apprendre un métier, de trouver des clients pour faire face aux besoins de leurs familles. L’objectif à long terme est de créer des produits qui pourront se vendre aussi bien localement que sur le marché international.

Certaines des femmes qui se qualifieront serviront de mentors à une nouvelle promotion l’année suivante. Elles percevront une petite indemnité pour le temps passé à former les autres femmes. C’est ce qui permettra également d’introduire ces apprentissages dans le programme de base des enfants de l’école.

De nombreux enfants de la campagne débutent leur scolarité très tard. Ils ne pourront sans doute jamais aller à l’université, mais ce programme leur permettra d’apprendre un métier.